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Le huard plus fort que le dollar américain?

19 septembre 2007 – 17h34

LaPresseAffaires.com

Sophie Brouillet

Considérant désormais que la parité des dollars canadien et américain n’est qu’une question de temps, des économistes n’excluent pas de voir le huard surpasser le billet vert. Mais ils ne vont pas jusqu’à prévoir un dépassement important.

«Tous les éléments sont là pour soutenir le dollar canadien», explique Martin Lefebvre, économiste au Mouvement Desjardins, en faisant référence à la santé de l’économie canadienne, aux prix record du pétrole et à la forte demande mondiale pour les matières premières.

Desjardins prédit la parité durable pour la fin de l’année, tout en considérant qu’elle peut survenir sous forme de pointes éphémères à tout moment.

«On n’exclut pas que ça aille même encore un peu plus haut», précise M. Lefebvre.

Même son de cloche à la Financière Banque Nationale, où l’économiste Éric Dubé s’attend à des taux de change volatiles jusqu’à la fin de l’année et à une stabilisation aux alentours de la parité par la suite.

«On ne pas écarter une prime due au prix du pétrole», ajoute M. Dubé. Le dollar canadien pourrait aller encore un peu plus haut.»

Mais certains obstacles empêchent ces experts d’imaginer une progression de plus de quelques sous de la devise qui, mercredi matin, a franchi le cap des 99 cents US. Il a clôturé à 98,50 cents US.

«Vers la fin de 2007, la FED devrait avoir terminé son ajustement monétaire, fait remarquer Martin Lefebvre. Il pourrait y avoir une correction à ce moment-là.» La décision de la FED de baisser radicalement son taux directeur, mardi, a enlevé de l’attrait au dollar américain et l’a donc fait reculer par rapport au huard.

Il souligne aussi que la montée spectaculaire du dollar canadien tient en bonne partie à ses niveaux «déprimés» des dernières années, et que l’élan du prix du pétrole et des matières premières est appelé à s’adoucir.

«Les gains à venir seront beaucoup plus limités», prévoit-il.

En nuisant aux exportations des manufacturiers, la force du dollar pourrait aussi se trouver à se tempérer elle-même, estime Éric Dubé. «Il faudra voir comment le secteur manufacturier va s’ajuster.»

Dans l’ensemble, toutefois, un dollar fort reflète et soutient l’activité économique. «Des secteurs isolés peuvent y perdre, mais grossomodo, la hausse de la devise est synonyme de hausse du niveau de vie, souligne M. Dubé. Le consommateur est gagnant.»

Martin Lefebvre croit même que pour les manufacturiers, le choc des taux de change est déjà chose du passé, ayant eu lieu il y a quelques années, soit lorsque le huard est passé des alentours de 60 cents US au seuil des 80 cents US.

«Maintenant, la machinerie va leur coûter beaucoup moins cher», dit-il, voyant là une occasion pour la modernisation.

Le dollar canadien a surpassé la devise américaine durant la décennie 70, atteignant 1,04 $ US en avril 1974, sous l’effet d’une forte augmentation du prix des produits de base et d’un billet vert faible.

La parité est survenue la dernière fois en novembre 1976.

Le gothique lolita: un style venu du Japon

Le jeudi 20 septembre 2007

Myriam Parent et Katherine Boutin, deux jeunes femmes de 18 ans, affichent fièrement leur style. Habituées de se faire demander si elles sont déguisées, elles affirment haut et fort porter leurs vêtements au quotidien. (Le Soleil, Steve Deschênes)
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Myriam Parent et Katherine Boutin, deux jeunes femmes de 18 ans, affichent fièrement leur style. Habituées de se faire demander si elles sont déguisées, elles affirment haut et fort porter leurs vêtements au quotidien.
Le Soleil, Steve Deschênes

Annie Lafrance

Le Soleil

Collaboration spéciale

Québec

Style en émergence au Québec, le gothique lolita fait partie des modes nippones qui traversent aujourd’hui les frontières, alimentées par de multiples blogues et sites Web. Apparu au Japon à la fin des années 90, ce style vestimentaire fait encore aujourd’hui référence à l’excentricité de certains groupes rock japonais.

Elles seraient une quinzaine d’adeptes à Québec. Parmi elles (puisque ce sont exclusivement des filles), Myriam Parent et Katherine Boutin, deux jeunes femmes de 18 ans, affichent fièrement leur style nippon. Et adoptent l’attitude lolita de façon quasiment naturelle. Si bien qu’elles ont même choisi une identité japonaise lorsqu’elles sont sur Internet ou entre amies.

« C’est plus qu’une mode vestimentaire. Le gothique lolita est une façon de se différencier des autres et se veut aussi une réflexion sur la mode actuelle des jeunes filles qui se dénudent pour aller à l’école », lance Katherine, arguant que les lolitas ne dévoileront jamais leur nombril ou même leurs épaules.

Selon les différents sites spécialisés, la plupart des jeunes Japonaises qui endossent le style y voient une critique des valeurs traditionnelles de leur famille et de leur société. On peut également y trouver un refus de vieillir, pour ces jeunes femmes tiraillées entre le monde adulte et l’adolescence. En entrevue, les deux gothiques lolitas ricanent, répondent avec des petites voix, mais tiennent un discours qui n’a rien à voir avec le monde de l’enfance.

« Nous savons que notre style peut être dérangeant pour certains, mais nous vivons bien avec les commentaires ou avec les regards réprobateurs », dit Myriam, qui s’habille en lolita depuis cinq ans. Habituées de se faire demander si elles sont déguisées, elles affirment haut et fort porter leurs vêtements au quotidien.

 

Marques branchées

 

Les puristes suivent à la lettre les styles affichés dans les magazines, comme ceux vus dans le Gothic Lolita Bible, vendu à la boutique L’Imaginaire.

« Mais les marques proposées par les magazines sont assez dispendieuses. Une robe lolita peut coûter jusqu’à 300 $ sur les sites Internet », dit Myriam, ajoutant du même souffle qu’elle peut dépenser toute sa paye d’étudiante pour ses vêtements. Toutes les deux mettent d’ailleurs à profit leur cours de couture pour confectionner leurs propres vêtements.

D’autres fouillent dans les boutiques de mode gothique, comme la boutique Egregor dans le quartier Saint-Jean-Baptiste.

« J’ai une petite jupe de dentelle noire nommée Lolita justement pour cette clientèle ainsi que plusieurs accessoires qui se collent à ce style, comme des minigants, des poupées, etc. », dit la designer gothique Marie-Josée Chagnon. Sa griffe Marie-Osée est directement reliée à l’esprit gothique, mais n’a absolument rien à voir avec ce mouvement japonais, dit-elle.

« Le gothique peut être très large. Les gens croient à tort que c’est relié au médiéval, mais dans le fond, c’est une philosophie que chacun interprète à sa façon », conclut la designer.