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La mode qui change le monde

Le jeudi 06 septembre 2007

Ève Dumas

La Presse

Des travailleuses cambodgiennes prennent une pause devant une usine de vêtements à Phnom Penh. Au cours des dernières années, le Cambodge a créé un marché cible pour les consommateurs avec une conscience sociale. (Photo AFP)
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Des travailleuses cambodgiennes prennent une pause devant une usine de vêtements à Phnom Penh. Au cours des dernières années, le Cambodge a créé un marché cible pour les consommateurs avec une conscience sociale.
Photo AFP

Toujours un peu marginal, mais de moins en moins «granola», le mouvement éthique qui s’infiltre dans l’industrie de la mode prend un peu plus d’ampleur chaque saison.

Pour sa deuxième année, l’événement ModEthik, tenu demain et samedi à la SAT, se déroule sur deux journées plutôt qu’une. On attend environ 1600 visiteurs (comparativement à 400 l’an dernier) et une représentation internationale encore plus importante.

Vous ne serez pas surpris d’apprendre que ce nouvel effort de conscientisation vient d’un organisme de coopération internationale. «La mission de FEM International est d’aider des femmes défavorisées du monde entier à améliorer leurs conditions de vie à travers des activités en petites entreprises. Or, il se trouve que deux tiers de ces femmes travaillent justement dans l’industrie du textile et du bijou», nous explique Lis Suarez, fondatrice de l’ONG établie à Montréal.

Bien que les activités de demain soient réservées aux médias et aux acheteurs, celles de samedi s’adressent au grand public. Les curieux auront accès à des stands d’exposition et de vente, des vidéos, des ateliers et un défilé de mode éthique et équitable. Ils pourront apprendre comment tisser du plastique et rafraîchir leurs vieilles fringues démodées et même participer en toute convivialité à une séance de troc, à condition d’apporter un vêtement et deux accessoires à échanger.

Parmi les participants de ModEthik 2007, on retrouve des organismes, boutiques et compagnies comme Équiterre, The Ethical Fashion Show Paris, Conscience équitable, La Gaillarde, Crazy Lily, Harricana et Oöm Ethikwear.

 

Un défilé de mode à Tokyo

Isabelle Giroux

Isabelle Giroux présentera sa création, une tunique intitulée H5N1, dans un concours international de design de mode qui se tient début septembre à Tokyo.
Photo : Nathalie St-Pierre

Par Marie-Claude Bourdon

Plus de 12 000 personnes ont posé leur candidature pour participer à l’édition 2007 du prestigieux New Designer Fashion Grand Prix de Tokyo. Cette compétition internationale de grande envergure en design de mode vise à faire connaître la crème de la relève, ceux qui seront les leaders de demain dans ce domaine. Les membres du jury, dont la couturière japonaise Hanae Mori et le designer italien Antonio Berardi, ont retenu 35 finalistes qui ont été invités à présenter leur création lors d’un défilé qui se tient cette semaine à Tokyo. «L’avion, l’hébergement, les repas, toutes nos dépenses sont prises en charge», précise l’étudiante en design et stylisme de mode, Isabelle Giroux, qui n’en revient toujours pas de faire partie des heureuses élues.

«Chaque année, plusieurs étudiantes de l’École supérieure de mode soumettent des projets sans trop y croire, à cause du nombre de candidatures», mentionne la professeure Ying Gao, qui précise toutefois que c’est la deuxième fois qu’une étudiante de l’École est sélectionnée. «Cela donne une idée de la qualité de nos recrues», ajoute la professeure.

C’est avec une robe inspirée du virus de la grippe aviaire, un thème fait pour attirer l’attention, à plus forte raison en Asie, qu’Isabelle Giroux a conquis le jury. «Dans un de mes cours, je devais créer un vêtement à partir d’un thème qui serait toujours d’actualité en 2009», explique la jeune designer. Le thème du virus, de ses mutations et de sa propagation s’est imposé. Résultat? Une tunique intitulée H5N1, (du nom du virus), dont le tissu diaphane évoque une membrane et qui se métamorphose grâce à un système sophistiqué d’attaches, de pinces et de plis. «J’aime l’idée qu’une robe puisse redéployer ses formes librement», dit Isabelle Giroux, convaincue que c’est l’atout qui jouera en sa faveur lors du défilé.

Sur le devant, quelques effets d’entoilage ajoutent une petite note effilochée à cette robe autrement d’aspect très pur et très géométrique, malgré son thème plutôt destroy. Selon Ying Gao, dont Isabelle Giroux est l’assistante de recherche, les étudiants font souvent l’erreur, dans ce genre de concours, d’essayer de plaire aux membres du jury en imitant leur style. «Au contraire, dit-elle, il faut concevoir quelque chose de très personnel.»

C’est principalement sous la direction de la professeure Maryla Sobek qu’Isabelle Giroux en est arrivée à cette proposition qui lui a permis d’accéder à la finale du concours. Elle a aussi pu compter sur l’appui de Nathalie Langevin, responsable des concours à l’École. Mais le succès de cette étudiante de première année est dû en grande partie à son travail acharné et à sa détermination. «Ça ne me dérange pas de passer tout mon temps ici», dit l’intense jeune femme en montrant l’atelier où elle peaufine ses créations. Quelques jours après son retour du Japon, elle a d’ailleurs été sélectionnée pour participer à un autre concours, la Biennale internationale du lin de Portneuf, organisée en collaboration avec la Maison du lin de Paris. Toute une rentrée!

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Source : Journal L’UQAM, vol. XXXIV, no 1 (4 septembre 2007)

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