Archive pourMode

Scoop Dubuc

 Le Voir

15 octobre 2007 15h59
Par Shirine Saad

Vous vous demandez ce que Dubuc prépare après le coup de la collection pour Simons? Eh bien, le designer prépare l’ouverture d’une nouvelle boutique à Bruxelles, où il a fait pas mal de réunions lors des derniers mois… Il aurait trouvé un financement Européen qui lui permettrait de relancer son nom à l’international, et de faire produire ses collections à grande échelle en Italie, paraît-il…

Le mystère s’élucidera bientôt.


 

À la mode de chez nous!

Redaction Adorable
Collection Bodybag by Jude

4 designers, 4 tendances, 1 résultat… Une mode automnale signée par des gens d’ici qui n’ont rien à envier aux plus grands créateurs du monde!

Photographe: Jimmy Hamelin
Assistante: Chelsea Gray
Styliste: André Courcy
Coiffure: Valérie Meades (Inpure)
Maquillage: Marc-André Thibodeau (Estée Lauder)
Mannequin: Véronique (Agence EMA)

De la collection NEVIK:
Manteau de laine en cashmere et col de fourrure détachable, 5000 $.
Capeline de laine, 85 $ chez Chapofolie. Gants, 115 $ chez Chapofolie.
Bottillons English Breakfast, 259$ chez John Fluevog.
Bijoux Thomas Sabo: Boucle d’oreille en Zircon 119 $. Pendentif avec une croix, 179 $. Bague solitaire, 94 $. Bague avec cœur, 189 $. Bague l Love, 189 $.

De la collection ANDY THE-AHN:
Veston à col montant amovible, 615 $.
Chandail en jersey et lycra, 265 $.
Jupe en lainage et insertion de mousseline de soie, 500 $.
Fedora, 35 $ et aigrette, 30 $ chez Chapofolie.
Gants en cuir d’agneau, 120 $ chez Chapofolie.
Bijoux Thomas Sabo: Boucle d’oreille œil de tigre, 198 $. Bague,139 $.

De la collection Bodybag by Jude:
Trench Coat, 184$. Veste, 96 $.
Chemisier de coton, 112$.
Capri, 132 $.
Casquette équestre, 56 $.
Escarpins Sencha, 249 $ chez John Fluevog.
Bijoux Thomas Sabo: Bracelet Gourmette, 239 $. Bague zircon
noir, 269 $. Bague dragon zircon noir, 329 $. Chevalière, 129 $.

De la collection MUSE:
Veston Arlequin, 425 $.
Chandail décolleté en jersey de laine, 198 $.
Jupe à plis multiples, 350 $.
Ceinture corset en cuir, 150 $.
Fedora, 59 $ et aigrette, 19 $ chez Chapofolie.
Gants verts en daim, 46 $ chez Chapofolie.
Bottes verts Rooibos, 445 $, chez John Fluevog.
Bijoux Thomas Sabo: Boucle d’oreille œil de tigre, 269 $. Pendentifs assortis, 198 $.

Gisele Bündchen, la liberté en personne

Redaction Adorable Magazine Adorable au summum

Le dernier-né des parfums de la maison Cacharel, Liberté, cible la femme vive, épanouie et rebelle. Son égérie? La super modèle Brésilienne Gisele Bündchen. Reconnue pour sa nature frondeuse et engagée, Gisele est la figure faite sur mesure pour personnifier la liberté.

« Pour moi, la liberté c’est de faire ce que je fais et d’être capable de m’exprimer sans utiliser mon statut de célébrité. Tout comme le mot amour, le mot liberté est universel. C’est intemporel, ça n’a pas d’âge ni de territoire. La liberté, pour moi, ce serait un oiseau. Voler est un acte de liberté extraordinaire que les humains ne pourront jamais vraiment expérimenter », affirme Gisele.
Gisele milite d’ailleurs pour la liberté des femmes, spécialement celle de ses compatriotes Brésiliennes. Le Brésil est un pays très catholique, où l’avortement est encore illégal. En juin dernier, le mannequin a fait une sortie médiatique plutôt remarquée. Gisele a lancé un appel à l’Église catholique, lui demandant de revoir sa position sur l’avortement et les relations sexuelles avant le mariage. Gisele croit qu’une femme devrait être en mesure de choisir elle-même si elle veut ou non donner naissance à un enfant. La Brésilienne soutient qu’il est totalement désuet de croire que, de nos jours, les gens qui se marient sont encore vierges. Elle presse donc les instances religieuses d’ouvrir les yeux!

L’amour en famille
Cette protestation en faveur de l’avortement ne signifie pas que Gisele ne veuille pas d’enfants, bien au contraire. La famille est même à l’avant-plan de la vie de la jeune femme de 27 ans. Née le 20 juillet 1980, à Três de Maio, au Brésil, elle a grandi au côté de cinq sœurs, Raquel, Graziela, Gabriela, Rafaela et Patricia, qui est sa jumelle. « Je suis très chanceuse de venir d’une grande famille parce que ça m’a appris à écouter les autres et à partager. J’adore retourner dans la maison où j’ai grandi, c’est très rassurant et confortable. »
Gisele rêve d’avoir des enfants, mais elle ne sait pas quand viendra le temps. Elle vit au jour le jour. Lorsqu’on lui demande où elle se voit dans 10 ou 20 ans, elle répond qu’elle n’a aucune idée et qu’elle ne tient pas à le savoir. « Je ne veux pas planifier ma vie autant d’avance. Mais, simplement pour jouer le jeu, je peux très bien m’imaginer dans 30 ans avec une maison remplie d’enfants et de joie, exactement comme j’ai moi-même eu la chance d’avoir », raconte-elle.

Mère malgré elle
Longtemps fiancée à Leonardo DiCaprio, Gisele n’aime pas revenir sur cette histoire d’amour. Elle veut passer à autre chose, comment pourrait-on la blâmer? Cela dit, Gisele a bel et bien changé de cap. Après le héros du Titanic, elle s’est tournée vers le champion de surf Kelly Slater. Finalement, elle a opté pour un autre sportif, le quart-arrière des Patriotes de la Nouvelle-Angleterre, Tom Brady. Et le comble, c’est que Gisele sera bientôt belle-maman! L’ex-copine de Tom Brady, l’actrice Bridget Moynahan, attend un enfant de lui. Le footballeur a en effet rompu avec elle lors de son 2e mois de grossesse. Cette histoire d’enfant ne cause aucun problème à Gisele, qui dit se sentir très à l’aise dans son rôle de future belle-mère.

Du volley-ball au catwalking
En règle générale, Gisele opte pour une attitude positive. Elle croit d’ailleurs qu’elle doit son succès à sa capacité d’apprécier la vie, peu importent les situations. « À chaque jour, j’essaie d’être reconnaissante pour tout ce qui m’arrive de bon. C’est très important de vivre chaque moment pleinement. De cette façon, tu fais les bons choix. » Si Gisele remercie aujourd’hui la vie de l’avoir fait mannequin vedette, ce n’était pas du tout dans ses plans. « La mode n’a jamais été importante pour moi. Quand j’étais jeune, je ne pensais qu’au volley-ball », dit-elle. Gisele avoue qu’elle croyait faire de ce sport sa vocation. Mais, de fil en aiguille, les choses ont changé. À 14 ans, elle et deux de ses sœurs décident de prendre des cours de mannequinat. Son but était de développer une belle démarche pour être resplendissante à son bal de jeune fille, tradition brésilienne qui souligne l’entrée des jeunes femmes dans le monde adulte. Le reste de l’histoire concernant ses débuts demeure obscure. Beaucoup de rumeurs circulent à ce sujet. La version officielle dit que c’est lors d’un voyage à Sao Paulo, avec sa classe de mannequinat, qu’elle s’est fait approcher par un agent.

Une beauté pas toujours évidente
Le charme de la Brésilienne, qui est un des tops modèles les mieux payés de la planète, fait rêver sur les cinq continents. On dit d’elle qu’elle est plus parfaite que la perfection. Elle pèse 57 kg et mesure 1,80 m (à elles seules, ses jambes font 1,14 m!) Ses mensurations font fantasmer : 35-26-35. Pourtant, son charme plastique n’a pas toujours fait l’unanimité. À ses débuts de mannequinat, elle s’est fait dire non plus souvent qu’autrement. On lui disait qu’elle avait un nez trop gros et des yeux trop petits. Fort est à parier que plusieurs s’en mordent maintenant les doigts…
Même avant ses débuts professionnels, son aspect physique faisait parler ses camarades de classe. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les commentaires à son égard n’étaient pas positifs. Sa maigreur alimentait mesquinement les conversations et lui a même valu le surnom d’Olive, en référence à la femme de Popeye. « Afin de camoufler ma maigreur, je portais deux paires de pantalons. Ça ne fonctionnait pas vraiment, mais au moins je me sentais mieux », raconte Gisele.

Être belle sans fla-fla
La beauté de Gisele a ceci d’exceptionnel, c’est qu’elle est synonyme de simplicité. En effet, à l’écouter dévoiler ses secrets d’Aphrodite, on voit bien qu’il n’y a rien d’extravagant. « Tous les jours, je prends soin de mes dents, de mes cheveux et je mets un peu de parfum. De plus, je me rince le visage avec de l’eau seulement, je n’utilise pas de savon. » Lorsqu’elle ne travaille pas, elle ne porte pas de maquillage. Par ailleurs, elle ne cache pas avoir un faible pour quelques produits cosmétiques dont elle ne pourrait se séparer. « J’ai récemment découvert le nouveau mascara Maestro de Giorgio Armani Cosmetics. Il est fabuleux! Ça rend les cils longs et ça agrandit les yeux. Je voyage beaucoup et le mascara m’aide à minimiser les traces de fatigue dans mes yeux. J’ai d’ailleurs développé le réflexe de toujours mettre du mascara quand je sors de l’avion. J’utilise aussi les produits Kérastase pour mes cheveux. De plus, j’hydrate mon corps avec de l’huile de jojoba ou de l’huile de noix de coco. »

Encadré
L’histoire marquante de Cacharel
Derrière la maison française Cacharel se cache un homme amoureux de la Femme : Jean Bousquet. Fondée en 1962, Cacharel est d’abord une ligne de vêtements. En 1978, la ligne de parfum voit le jour. Leur première fragrance est Anaïs Anaïs. Depuis, la maison Cacharel n’a cessé de mettre sur le marché des odeurs qui célèbrent la féminité, la jeunesse et la force. Outre Liberté, Cacharel c’est aussi Loulou, Eden, Amor Amor Noa et Promesse. Si ces fragrances sont dédiées à la femme et à la jeunesse, Cacharel pense aussi aux hommes. Nemo et Amor pour homme sont deux parfums qui jouissent d’un succès remarquable auprès de la gent masculine.
L’image de la marque Cacharel a souvent attiré l’attention. Déjà, en 1978, on soulignait la communication publicitaire de la maison. Cette image, Cacharel la doit en grande partie à l’excellente photographe et réalisatrice Sarah Moon. Elle-même ancien mannequin, Sarah Moon a su donner à Cacharel une image romantique, jeune et d’avant-garde. Aujourd’hui, on dit de la maison Cacharel qu’elle écrit des « histoires-parfums ». On n’a qu’à se rappeler la publicité télévisée de Loulou, qui a reçu le prestigieux Lion d’Or du Festival International du Film Publicitaire de Cannes.

Pas de poids minimum sur les passerelles québécoises

Le Devoir

Isabelle Paré
Édition du mercredi 10 octobre 2007

Québec estime ne pas avoir besoin d'emboîter le pas aux initiatives «anti-anorexie» prises en Europe dans le milieu de la mode.

Photo: Agence France-Presse

Dans la foulée de la Semaine de la mode à Montréal, la question de l’extrême maigreur des mannequins est de nouveau sur la sellette. La ministre de la Condition féminine, Christine Saint-Pierre, juge qu’il n’est pas opportun que son gouvernement intervienne pour empêcher l’industrie de la mode de faire défiler des lolitas maladivement minces.

La ministre, qui assistait hier matin au lancement de la Stratégie pour l’industrie québécoise de la mode et du vêtement, en compagnie de son collègue responsable du développement économique, Raymond Bachand, estime que son gouvernement n’a pas besoin d’emboîter le pas aux initiatives «anti-anorexie» prises à ce jour par d’autres pays, dont l’Italie. «On voit qu’il y a une prise de conscience à ce sujet. Ça soulève bien des inquiétudes car, dans certains cas, ça devient de l’anorexie. Mais de là à légiférer là-dessus, je ne suis pas rendue là», a précisé la ministre, interrogée par Le Devoir dans le cadre de la Semaine de la mode qui se poursuit jusqu’au 12 octobre.

Pourtant, en Europe, le débat sur l’étalage de jeunes filles décharnées sur les passerelles fait rage. Il y a 10 jours, le célèbre photographe italien Oliviero Toscani, qui s’est fait connaître par ses pubs pour Benetton, lançait une publicité-choc contre l’anorexie montrant le corps squelettique et nu d’une jeune comédienne française anorexique, Isabelle Caro. En diffusant l’image de ce corps famélique d’à peine 31 kg, cette campagne coup-de-poing, parrainée par la marque de vêtements No-l-ita, visait à soulever le débat sur l’anorexie en pleine semaine de la mode à Milan.

Alors que l’industrie de la mode est l’une des plus importantes en Italie, à la fin 2006, le gouvernement italien a décidé de prendre le taureau par les cornes et d’adhérer à un «manifeste anti-anorexie», c’est-à-dire une sorte de code de conduite encourageant l’industrie à mettre en avant des modèles de jeunes femmes «à l’allure saine, solaire, généreuse et méditerranéenne». Le gouvernement italien a signé cette convention, qui rallie la Fédération italienne de la mode et les principaux couturiers qui exposent leurs créations aux salons de Rome et de Milan. Le texte interdit les défilés aux filles de moins de 16 ans et oblige les mannequins à présenter un certificat médical attestant qu’elles ne souffrent d’aucun trouble alimentaire.

Autoréglementation

La semaine dernière, les organisateurs de la Semaine de la mode de Montréal ont annoncé à leur tour qu’ils n’autoriseront pas l’embauche de jeunes filles âgées de moins de 16 ans ou semblant présenter des symptômes d’anorexie. «Il y a malheureusement une tendance actuellement», indiquait le 4 octobre à un quotidien de Québec Chantal Durivage, de Sensation Mode, l’organisme qui tient cet événement destiné aux créateurs, designers et journalistes du milieu de la mode. «C’est la pression qui va forcer cette tendance à fléchir», insistait-elle.

Pour le moment, il faudra donc compter sur la bonne volonté des gens du milieu pour renverser cette tendance, fortement ancrée, selon laquelle la beauté réside dans 50 kg de chair répartis sur 1,60 mètre.

Pour l’instant, Sensation Mode a requis les conseils de l’hôpital Douglas qui a développé une expertise particulière sur l’anorexie et les autres troubles alimentaires. Les jeunes filles qui auraient besoin de conseils médicaux ou nutritionnels seront orientées vers des professionnels de l’établissement. Si on cible pour l’heure les jeunes filles de moins de 16 ans, c’est qu’on les juge plus facilement influençables et moins aptes à prendre des décisions éclairées au sujet de leur alimentation. Quant à celles qui sont dans la vingtaine, on semble juger qu’elles n’ont guère besoin d’une telle aide. Pourtant sur les centaines de mannequins embauchés dans les principales agences québécoises, seul un petit nombre a moins de 16 ans.

Hier, la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ) a malgré tout salué ce geste important. «C’est une décision qui démontre que le milieu de la mode peut changer, et nous ne pouvons que nous en réjouir», a indiqué Lina Bonamie, présidente de la FIQ. «Il est important de souligner publiquement les gens qui ont le courage de prendre de telles décisions afin que d’autres en soient inspirés.»

La ministre de la Condition féminine, également responsable des Communications et de la Culture, se réjouit de ce premier pas, mais n’entend pas dompter l’industrie par la voie législative. «C’est sûr que, en France ou en Italie, cette industrie prend une place énorme et que ça fait travailler beaucoup de monde. Ici, c’est beaucoup moins important. Je ne dis pas non [à une loi], mais je pense qu’on peut amener les gens à prendre leurs responsabilités par la conscientisation», persiste la ministre.

Le branle-bas de combat dans l’industrie de la mode a été déclenché l’an dernier par le décès du modèle brésilien de 21 ans, Ana Carolina Reston. Elle pesait 40 kg et mesurait 1 m 72 lors de son décès à l’hôpital de São Paulo.

Peu de temps après, l’industrie de la mode italienne s’est mise au pas, suivie par l’industrie de la mode espagnole, qui s’est imposé un code de conduite comportant des critères sévères en matière de poids. L’an dernier, à l’occasion de la Semaine de la mode de Madrid, cinq jeunes mannequins ont été bannis des passerelles.

Au début 2007, les professionnels de la mode américains ont aussi adopté des règles excluant les jeunes filles anorexiques de leurs défilés.

Robe en papier hygiénique: des designers d’ici mis au défi!

Le jeudi 27 septembre 2007

Muse par Christian Chenail (Photo Robert Mailloux, La Presse)
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Muse par Christian Chenail
Photo Robert Mailloux, La Presse

Jean-Christophe Laurence

La Presse

On connaissait la soie, le satin, l’organdi, le lin, la fourrure et même le latex. Mais on n’avait jamais entendu parler de robes en «papier cul».

C’était pourtant bien réel hier midi, aux Cours Mont-Royal, alors qu’on présentait la quatrième collection annuelle Blanc Cashmere, mettant en vedette les nouvelles créations de huit designers québécois.

Bustiers ajustés, décolletés, corsages, robes cocktail, à fourreau, feuilletées, coussinées ou bouffantes: les mannequins ont défilé pendant 10 courtes minutes sur une passerelle improvisée, vêtues de blanc et entourées de multiples rouleaux de papier hygiénique.

 

Bodybag by Jude (Photo Robert Mailloux, La Presse)  

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Bodybag by Jude
Photo Robert Mailloux, La Presse

 

«Nous préférons dire tissu pour la salle de bains», corrige Nancy Marcus, vice-présidente marketing chez Kruger, maison mère de la marque Cashmere, commanditaire de l’événement. «Cela correspond davantage à l’image de luxe que nous voulons donner à notre produit.»

Mme Marcus hésite à qualifier le défilé Blanc Cashmere de coup d’éclat publicitaire. Elle le voit avant tout comme une «célébration de ce que fait (leur) compagnie, notamment au Québec» doublée, par son côté «fashion», d’une «extension naturelle de la somptuosité de Cashmere».

Dans tous les cas, une chose est sûre: il y a effectivement moyen de s’habiller chic avec du Cashmere! Les créations vues hier n’étaient peut-être pas des plus résistantes (quoique), mais elles n’avaient rien à envier aux présentations des grands happenings de mode.

Il faut dire que l’événement, mis sur pied par Chantal Durivage (directrice de la Semaine de la mode) comptait sur la crème des designers québécois. Marie Saint Pierre, Christian Chenail, Judith Desjardins, Cluc, Georges Lévesque, Yves Jean Lacasse, Joseph Helmer et Michel Desjardins avaient tous mis le meilleur d’eux-mêmes dans cette galère a forte odeur publicitaire.

Il y a de quoi s’interroger. Nos designers se seraient-ils fait enfirouaper? Sont-ils devenus fous? Pas le moins du monde, répondent les principaux intéressés. Car au-delà de sa connotation vile et quotidienne, le papier hygiénique demeure un matériau comme un autre, malléable, transformable et habillable.

«À première vue, c’est vrai que c’est étonnant, admet Christian Chenail. Mais l’exercice n’est pas sans rappeler les expériences des robes en papier qu’on faisait dans les années 60. Le papier hygiénique, je vois plutôt cela comme un défi intéressant. Sa fragilité est plus grande que elle de la plus délicate des soies. Et en ce qui me concerne, c’est le matériau le plus original que j’aie jamais utilisé. Alors non, vraiment, je ne vois rien de choquant là-dedans.»

Le plus choquant, de fait, est sans doute de voir d’authentiques designers être les instruments d’une campagne publicitaire. Et cela, peu importe la nature du produit…

 

Marie Saint Pierre (Photo Robert Mailloux, La Presse)  

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Marie Saint Pierre
Photo Robert Mailloux, La Presse

 

Mais Marie Saint Pierre, qui en est à sa deuxième collaboration avec Cashmere, parle plutôt d’un échange de bons procédés. «Et pourquoi pas? lance Mme Saint Pierre, un peu sur la défensive. Les designers ont tellement peu de visibilité au Québec. Si on peut leur faire une place, peu importe la façon, ce n’est que tant mieux.»

Cette vitrine, du reste, a toutes les apparences d’une opération sans lendemain. Ce que Marie Saint-Pierre qualifie de «démarche artistique de recherche» s’arrête pour l’instant à la rue Peel. Non lavables par définition, les robes ne seront portées qu’une fois, avant d’être exposées pour un temps aux Cours Mont-Royal.

Née il y a trois ans, de la cuisse de Cotonnelle, Cashmere est l’un des acteurs importants dans le marché du papier hygiénique au Canada. Selon les chiffres avancés par la compagnie, il s’agirait du papier hygiénique le plus populaire au Canada et au Québec – où la compagnie Kruger exploite trois usines de pâtes et papiers (Gatineau, Crabtree, Lennoxville). Kruger est également propriétaire des marques Purex, Sponge Towels, Scotties et White Swan.

Le gothique lolita: un style venu du Japon

Le jeudi 20 septembre 2007

Myriam Parent et Katherine Boutin, deux jeunes femmes de 18 ans, affichent fièrement leur style. Habituées de se faire demander si elles sont déguisées, elles affirment haut et fort porter leurs vêtements au quotidien. (Le Soleil, Steve Deschênes)
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Myriam Parent et Katherine Boutin, deux jeunes femmes de 18 ans, affichent fièrement leur style. Habituées de se faire demander si elles sont déguisées, elles affirment haut et fort porter leurs vêtements au quotidien.
Le Soleil, Steve Deschênes

Annie Lafrance

Le Soleil

Collaboration spéciale

Québec

Style en émergence au Québec, le gothique lolita fait partie des modes nippones qui traversent aujourd’hui les frontières, alimentées par de multiples blogues et sites Web. Apparu au Japon à la fin des années 90, ce style vestimentaire fait encore aujourd’hui référence à l’excentricité de certains groupes rock japonais.

Elles seraient une quinzaine d’adeptes à Québec. Parmi elles (puisque ce sont exclusivement des filles), Myriam Parent et Katherine Boutin, deux jeunes femmes de 18 ans, affichent fièrement leur style nippon. Et adoptent l’attitude lolita de façon quasiment naturelle. Si bien qu’elles ont même choisi une identité japonaise lorsqu’elles sont sur Internet ou entre amies.

« C’est plus qu’une mode vestimentaire. Le gothique lolita est une façon de se différencier des autres et se veut aussi une réflexion sur la mode actuelle des jeunes filles qui se dénudent pour aller à l’école », lance Katherine, arguant que les lolitas ne dévoileront jamais leur nombril ou même leurs épaules.

Selon les différents sites spécialisés, la plupart des jeunes Japonaises qui endossent le style y voient une critique des valeurs traditionnelles de leur famille et de leur société. On peut également y trouver un refus de vieillir, pour ces jeunes femmes tiraillées entre le monde adulte et l’adolescence. En entrevue, les deux gothiques lolitas ricanent, répondent avec des petites voix, mais tiennent un discours qui n’a rien à voir avec le monde de l’enfance.

« Nous savons que notre style peut être dérangeant pour certains, mais nous vivons bien avec les commentaires ou avec les regards réprobateurs », dit Myriam, qui s’habille en lolita depuis cinq ans. Habituées de se faire demander si elles sont déguisées, elles affirment haut et fort porter leurs vêtements au quotidien.

 

Marques branchées

 

Les puristes suivent à la lettre les styles affichés dans les magazines, comme ceux vus dans le Gothic Lolita Bible, vendu à la boutique L’Imaginaire.

« Mais les marques proposées par les magazines sont assez dispendieuses. Une robe lolita peut coûter jusqu’à 300 $ sur les sites Internet », dit Myriam, ajoutant du même souffle qu’elle peut dépenser toute sa paye d’étudiante pour ses vêtements. Toutes les deux mettent d’ailleurs à profit leur cours de couture pour confectionner leurs propres vêtements.

D’autres fouillent dans les boutiques de mode gothique, comme la boutique Egregor dans le quartier Saint-Jean-Baptiste.

« J’ai une petite jupe de dentelle noire nommée Lolita justement pour cette clientèle ainsi que plusieurs accessoires qui se collent à ce style, comme des minigants, des poupées, etc. », dit la designer gothique Marie-Josée Chagnon. Sa griffe Marie-Osée est directement reliée à l’esprit gothique, mais n’a absolument rien à voir avec ce mouvement japonais, dit-elle.

« Le gothique peut être très large. Les gens croient à tort que c’est relié au médiéval, mais dans le fond, c’est une philosophie que chacun interprète à sa façon », conclut la designer.

La mode qui change le monde

Le jeudi 06 septembre 2007

Ève Dumas

La Presse

Des travailleuses cambodgiennes prennent une pause devant une usine de vêtements à Phnom Penh. Au cours des dernières années, le Cambodge a créé un marché cible pour les consommateurs avec une conscience sociale. (Photo AFP)
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Des travailleuses cambodgiennes prennent une pause devant une usine de vêtements à Phnom Penh. Au cours des dernières années, le Cambodge a créé un marché cible pour les consommateurs avec une conscience sociale.
Photo AFP

Toujours un peu marginal, mais de moins en moins «granola», le mouvement éthique qui s’infiltre dans l’industrie de la mode prend un peu plus d’ampleur chaque saison.

Pour sa deuxième année, l’événement ModEthik, tenu demain et samedi à la SAT, se déroule sur deux journées plutôt qu’une. On attend environ 1600 visiteurs (comparativement à 400 l’an dernier) et une représentation internationale encore plus importante.

Vous ne serez pas surpris d’apprendre que ce nouvel effort de conscientisation vient d’un organisme de coopération internationale. «La mission de FEM International est d’aider des femmes défavorisées du monde entier à améliorer leurs conditions de vie à travers des activités en petites entreprises. Or, il se trouve que deux tiers de ces femmes travaillent justement dans l’industrie du textile et du bijou», nous explique Lis Suarez, fondatrice de l’ONG établie à Montréal.

Bien que les activités de demain soient réservées aux médias et aux acheteurs, celles de samedi s’adressent au grand public. Les curieux auront accès à des stands d’exposition et de vente, des vidéos, des ateliers et un défilé de mode éthique et équitable. Ils pourront apprendre comment tisser du plastique et rafraîchir leurs vieilles fringues démodées et même participer en toute convivialité à une séance de troc, à condition d’apporter un vêtement et deux accessoires à échanger.

Parmi les participants de ModEthik 2007, on retrouve des organismes, boutiques et compagnies comme Équiterre, The Ethical Fashion Show Paris, Conscience équitable, La Gaillarde, Crazy Lily, Harricana et Oöm Ethikwear.

 

Un défilé de mode à Tokyo

Isabelle Giroux

Isabelle Giroux présentera sa création, une tunique intitulée H5N1, dans un concours international de design de mode qui se tient début septembre à Tokyo.
Photo : Nathalie St-Pierre

Par Marie-Claude Bourdon

Plus de 12 000 personnes ont posé leur candidature pour participer à l’édition 2007 du prestigieux New Designer Fashion Grand Prix de Tokyo. Cette compétition internationale de grande envergure en design de mode vise à faire connaître la crème de la relève, ceux qui seront les leaders de demain dans ce domaine. Les membres du jury, dont la couturière japonaise Hanae Mori et le designer italien Antonio Berardi, ont retenu 35 finalistes qui ont été invités à présenter leur création lors d’un défilé qui se tient cette semaine à Tokyo. «L’avion, l’hébergement, les repas, toutes nos dépenses sont prises en charge», précise l’étudiante en design et stylisme de mode, Isabelle Giroux, qui n’en revient toujours pas de faire partie des heureuses élues.

«Chaque année, plusieurs étudiantes de l’École supérieure de mode soumettent des projets sans trop y croire, à cause du nombre de candidatures», mentionne la professeure Ying Gao, qui précise toutefois que c’est la deuxième fois qu’une étudiante de l’École est sélectionnée. «Cela donne une idée de la qualité de nos recrues», ajoute la professeure.

C’est avec une robe inspirée du virus de la grippe aviaire, un thème fait pour attirer l’attention, à plus forte raison en Asie, qu’Isabelle Giroux a conquis le jury. «Dans un de mes cours, je devais créer un vêtement à partir d’un thème qui serait toujours d’actualité en 2009», explique la jeune designer. Le thème du virus, de ses mutations et de sa propagation s’est imposé. Résultat? Une tunique intitulée H5N1, (du nom du virus), dont le tissu diaphane évoque une membrane et qui se métamorphose grâce à un système sophistiqué d’attaches, de pinces et de plis. «J’aime l’idée qu’une robe puisse redéployer ses formes librement», dit Isabelle Giroux, convaincue que c’est l’atout qui jouera en sa faveur lors du défilé.

Sur le devant, quelques effets d’entoilage ajoutent une petite note effilochée à cette robe autrement d’aspect très pur et très géométrique, malgré son thème plutôt destroy. Selon Ying Gao, dont Isabelle Giroux est l’assistante de recherche, les étudiants font souvent l’erreur, dans ce genre de concours, d’essayer de plaire aux membres du jury en imitant leur style. «Au contraire, dit-elle, il faut concevoir quelque chose de très personnel.»

C’est principalement sous la direction de la professeure Maryla Sobek qu’Isabelle Giroux en est arrivée à cette proposition qui lui a permis d’accéder à la finale du concours. Elle a aussi pu compter sur l’appui de Nathalie Langevin, responsable des concours à l’École. Mais le succès de cette étudiante de première année est dû en grande partie à son travail acharné et à sa détermination. «Ça ne me dérange pas de passer tout mon temps ici», dit l’intense jeune femme en montrant l’atelier où elle peaufine ses créations. Quelques jours après son retour du Japon, elle a d’ailleurs été sélectionnée pour participer à un autre concours, la Biennale internationale du lin de Portneuf, organisée en collaboration avec la Maison du lin de Paris. Toute une rentrée!

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Source : Journal L’UQAM, vol. XXXIV, no 1 (4 septembre 2007)

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