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Chez-moi, au Québec : le droit de se vêtir… la liberté de se voiler ?

Lettre sur cyberpresse.ca 

Le lundi 29 octobre 2007

Julie Roqaya Vézina

Je me nomme Julie. Je suis Québécoise… de souche, dis-je. Car, malgré que cela m’apparaisse plus symptomatique que pertinent dans une société comme la nôtre, il semble qu’il soit important de le préciser. Mais cela dit, vous auriez dû lire : je me nomme Julie et je suis musulmane. Et oui, je sais; pour plusieurs ça choque, pour d’autres ça parait incompatible, mais il n’y a pourtant là aucune contradiction.

En effet, être musulman ce n’est pas venir d’ailleurs. Et depuis quelques mois, en observant ma société (il semble que je puisse me réclamer de ce « NOUS » tant utilisé bien que souvent tellement réducteur et exclusif), je suis souvent très déçue. Car au Québec, ces temps-ci, il m’apparaît qu’on se permette de plus en plus de rejeter l’« AUTRE ». En effet, en écoutant et en regardant aller les choses, entre autre à la Commission Bouchard-Taylor, où le mépris, l’ignorance, les préjugés et une peur infondée envers celui que l’on qualifie « d’étranger » ont souvent été exprimés, je n’ai eu que l’envie de me taire. Mais finalement, lorsque des « musulman(e)s » (dont les propos de certains m’ont laissé croire qu’ils étaient prêts à tout renier de leur religion pour se faire accepter d’un « NOUS » qui tend à les exclure) ont commencé à être invités sur différentes tribunes, j’ai décidé de rompre le silence.

Avant tout, j’espère que vous saurez prendre ce témoignage pour ce qu’il est, c’est-à-dire l’expression toute personnelle d’une réalité qui est la mienne, celle d’une musulmane « voilée » au Québec face à des propos et à des comportements plus ou moins pertinents qui frisent parfois l’indécence et expriment souvent une pure paranoïa collective. Et surtout, je vous questionne, concitoyens et concitoyennes québécois(es) de toutes origines, en espérant que cette démarche saura nous faire réfléchir ensemble, moi en vous écrivant et vous en me lisant. Je vous questionne sur un aspect tellement personnel, mais qui fait pourtant les manchettes jours après jours. Je vous questionne sur le port du hijab que l’on nomme aussi voile ou foulard islamique, celui que l’on veut interdire dans la fonction publique, celui pour lequel on exclut des femmes au Québec (sous prétexte d’ailleurs qu’elles en seraient opprimées). Je vous questionne sur ce sujet qui en cache un autre certainement; soit l’intolérance de plus en plus grande de ma société québécoise face aux musulmans.

Ainsi, quels arguments rationnels permettent de donner au hijab l’attribut de signe de soumission à l’homme ou de symbole politique? Combien, parmi ceux qui crient à l’oppression par le hijab, connaissent personnellement des femmes « voilées », supposément soumises à un homme par ce voile qu’il lui imposerait? N’est-ce pas que, lorsque le voile apparaît comme un instrument d’oppression dans certaines régions du monde, ces femmes ne seraient pas moins opprimées si elles étaient moins vêtues? Et bien qu’il puisse être tentant de croire que l’Islam pourrait être la source d’oppressions et d’injustices, ne serait-il pas plus juste d’en étudier les véritables fondements et de voir si le contexte politique, social, culturel, ainsi que l’extrême pauvreté de ces populations n’en sont pas plutôt responsables? Comment croire que celui qui abuse de la femme vienne nécessairement d’un ailleurs lointain? Les statistiques très parlantes de violence et d’intimidation commises ici (ou n’importe où) envers la femme, ne démontrent-elles pas qu’il n’y a besoin ni de voile ni de religion pour être opprimant et injuste? Et pourquoi est-ce si difficile d’admettre que des femmes désirent préserver leur corps du regard d’autrui en se couvrant un peu plus que la norme actuelle qui, soit dit en passant, a déjà requis plus de tissu? La pudeur serait-elle devenue une tare? Mais de quel droit les femmes qui se réclament du « féminisme » se permettent-elles de vouloir décider des vêtements que je devrais ou non porter, brandissant pour cela l’étendard de la liberté ou d’une quelconque égalité entre hommes et femmes? Ma liberté de porter le hijab a-t-elle moins de valeur que la volonté d’autrui à ne plus me voir le porter?

Aussi, veuillez excuser mon ton si il vous déplait, mais c’est peut-être qu’à devoir constamment justifier publiquement ses choix personnels on en développe une certaine amertume. Car, j’ai choisi l’Islam et certains semblent s’en offusquer; comme si leur jugement revêtait une quelconque légitimité face à mes valeurs religieuses; comme si ce morceau de tissu avait un impact sur leur propre existence; comme si le simple fait de me voir ainsi était une atteinte à leur liberté.

Enfin justement, puisque la liberté est une valeur importante au Québec, pourquoi ne pas se laisser le choix; le choix des vêtements que l’on porte, de ce hijab qui est sur ma tête et non sur la vôtre; le choix de cette prière que je fais durant ma pause au travail plutôt que de prendre un café; le choix de nos principes et de nos idéaux, de nos convictions profondes et de notre pratique religieuse. Laissons-nous le droit d’exister et de participer individuellement à la collectivité, en tant que Québécois de souche ou d’ailleurs, en tant que musulman aussi, en tant qu’être humain surtout. Faisons-le sans préjugé et sans mépris envers cet « AUTRE » qui ne vient pas toujours d’ailleurs et qui pourrait bien amener plus de richesse à ce « NOUS » que ceux qui croient exclusivement en faire partie.

Most terrifying video you’ll ever see

Cette vidéo a fait réagir plusieurs personnes. C’est un message alarmant, d’autant plus que nous savons qu’il est fondé et véridique. Peut-être que ce film ouvrira les yeux de certains. Enfin, espérons-le!

 

L’environnement ne doit pas être un frein aux grands projets, dit Dumont

Le Devoir

Robert Dutrisac
Édition du lundi 01 octobre 2007

Mario Dumont

Photo: Jacques Nadeau

Victoriaville — Le chef de l’Action démocratique du Québec, Mario Dumont, juge que le respect de l’environnement ne doit pas être un frein à la réalisation de grands projets et préconise le développement tous azimuts du potentiel hydroélectrique du Québec. «Il ne devrait pas y avoir à notre développement hydroélectrique d’autre limite que notre capacité de construire», a déclaré, hier, Mario Dumont dans son discours de clôture du conseil général du parti qui a réunissait quelque 500 militants depuis samedi.Selon le chef adéquiste, le Québec ne peut se permettre d’étouffer son économie sous prétexte de protéger l’environnement. «Le Québec doit réaliser le défi environnemental tout en faisant son rattrapage économique», a-t-il lancé. «Il faut être capable d’amener le Québec [à atteindre] des objectifs environnementaux ambitieux, mais de réaliser comme parti politique le tour de force de faire ça tout en redonnant aux Québécois le goût de réaliser des projets.»En dépit de ce parti pris pour la croissance économique, M. Dumont ne remet pas en cause le processus d’évaluation environnementale auquel doivent se soumettre les grands projets. De même, son entourage a été incapable de préciser, hier, en quoi un gouvernement adéquiste ferait davantage que le gouvernement Charest en matière de développement hydroélectrique. Le premier ministre Jean Charest a déjà annoncé en mai 2006 la relance des investissements d’Hydro-Québec qui consentira 25 milliards d’ici 2015 à la construction de centrales et d’éoliennes.

Les «gaffes politiques» des libéraux et les «dépassements de coûts honteux» qu’ont connus certains projets du gouvernement péquiste ont fait en sorte que les Québécois ont maintenant peur des grands projets, a fait valoir M. Dumont. «On a l’impression d’avoir les pieds dans le ciment. Ça, c’est une rupture avec notre passé: le Québec est un peuple de bâtisseurs.»

Tout au long de la fin de semaine, le chef adéquiste a invité les Québécois à contrer «les forces de l’immobilisme» que personnifient, à ses yeux, Jean Charest et Pauline Marois.

Ce conseil général fut essentiellement consacré à l’adoption d’une plate-forme environnementale qui s’appuie sur le respect des cibles de réduction des gaz à effet de serre (GES) contenues dans le protocole de Kyoto. Samedi, l’ADQ avait invité l’écologiste et porte-parole d’Équiterre, Steven Guilbeault, à faire un exposé sur le réchauffement climatique.

L’ADQ avait également invité l’ancien président-directeur général d’Hydro-Québec, André Caillé, qui est présentement président du Conseil mondial de l’énergie. Dans son exposé, M. Caillé a plaidé pour une hausse des tarifs d’électricité au prix du marché, seul moyen, selon lui, de réduire le gaspillage d’énergie et de rentabiliser les mesures d’efficacité énergétique. Il a toutefois indiqué qu’il faudrait subventionner les plus démunis pour qu’ils puissent faire face à ces augmentations de tarif. M. Caillé a aussi défendu l’idée que le Québec se dote d’une politique énergétique qui dépasse ses frontières pour englober tout l’est de l’Amérique du Nord.

Sur ce dernier point, Mario Dumont s’est dit «complètement» de l’école de pensée de M. Caillé. Si le Québec vend de l’électricité et même du gaz aux États-Unis, cela permet de réduire la pollution en provenance des centrales au charbon de l’Est américain, a-t-il soutenu. C’est une des raisons qu’il invoque pour appuyer le projet Rabaska d’un deuxième port méthanier au Québec.

En revanche, Mario Dumont s’oppose à toute hausse «brutale» ou «radicale» des tarifs d’électricité. «Je suis très prudent», a-t-il dit. «Il y a des ménages qui vivent dans des logements [...] où l’air rentre par des fentes. Il faut penser à ce monde-là.» Selon lui, le Québec doit se lancer dans un grand chantier d’isolation domiciliaire, ce qui est absent du Plan de lutte contre les changements climatiques présenté par M. Charest.

Mario Dumont concilie croissance économique et respect de l’environnement en avançant que l’efficacité énergétique peut très bien devenir un des grands chantiers qui mobilisera les Québécois. «C’est un chantier qui est aussi possible, aussi réalisable, aussi à portée de la main et aussi important que les grands chantiers du développement hydroélectrique.» L’ADQ a d’ailleurs adopté une proposition exigeant d’Hydro-Québec qu’elle double son objectif d’efficacité énergétique pour le porter à 16 TWh d’ici 2015.

En respectant les cibles de Kyoto, le Québec se positionnera comme «un leader sur tout le continent», ce qui correspond bien à la «philosophie» adéquiste d’amener le Québec, sur le plan économique, dans le peloton de tête en Amérique du Nord, a expliqué M. Dumont.

L’ADQ accumule les appuis

Samedi, André Caillé, qui a été pressenti pour devenir candidat par les conservateurs de Stephen Harper mais aussi par l’ADQ, disait poursuivre sa réflexion. Mais il ne s’est pas fait prier pour témoigner de «l’admiration» qu’il éprouvait pour Mario Dumont. Il a aussi fait l’éloge de «l’autonomie des personnes», une notion que défend l’ADQ. Toutes ces années où l’on a parlé d’indépendance nationale, «une proportion de plus en plus grande de notre population est devenue dépendante de l’État à toutes sortes d’égards», estime-t-il. André Caillé, qui a voté OUI au référendum de 1995, croit qu’il ne reverra pas de son vivant un autre débat semblable sur la souveraineté.

L’ancien ministre péquiste Jean Garon était aussi invité de l’ADQ. À l’élection de mars dernier, M. Garon a longtemps hésité avant de refuser de devenir candidat de l’ADQ.

Un nombre encore modeste d’anglophones ont rejoint l’ADQ. Deux des quatre maires de l’ouest de l’île de Montréal qui avaient accordé leur appui à Mario Dumont lors de la dernière élection générale étaient présents, soit Campbell Stuart, maire de Montréal-Ouest, et Bill Tierney, maire de Sainte-Anne-de-Bellevue. Le conservateur Peter White, un ancien conseiller de Brian Mulroney, qui est président de l’Association adéquiste de Brome-Missisquoi, étaient aussi de la partie.

En remplacement de Gilles Taillon, élu député de Chauveau à la dernière élection, les militants adéquistes se sont choisi un nouveau président montréalais, Tom Pentefountas, issu de la communauté grecque. M. Pentefountas estime que l’«hypothèque référendaire» est levée: les anglophones et allophones peuvent désormais cesser d’accorder massivement leurs votes aux libéraux. «L’époque où on a voté du côté libéral par peur que le Québec se sépare est terminée», a-t-il dit. «Cette anomalie qui dure depuis 40 ans, il va falloir mettre fin à ça.»

Mario Dumont s’attend à ce que sa participation au camp du OUI en 1995 aux côtés de Lucien Bouchard revienne sur le tapis lors de la prochaine campagne électorale. «Il y a des épouvantails de toute sorte qui peuvent être soulevés», a-t-il dit. Chose certaine, il n’a pas l’intention de prononcer un grand discours pour rallier les anglophones comme l’a fait M. Bouchard au Théâtre Centaur en mars 1996. Ce n’est pas dans ma personnalité, a dit M. Dumont, qui préfère «le travail de base à long terme [plutôt que le] show-business d’une prestation d’un soir».

Le secteur privé dans le transport en commun

À plusieurs reprises, le chef adéquiste a insisté sur le recours au secteur privé pour exploiter les services de transport en commun, seul moyen, selon lui, de répondre à la demande. Ce fut d’ailleurs l’objet d’une proposition adoptée samedi par les militants.

Parmi les autres résolutions qui font désormais partie de la plate-forme environnementale de l’ADQ, on note la relance du projet de train à haute vitesse (THV) entre Québec et Windsor, l’adoption des normes californiennes d’émissions pour les voitures neuves et la création d’une bourse de carbone à Montréal.

De plus, un gouvernement adéquiste instaurerait un programme d’inspection des véhicules d’occasion visant la réparation ou le retrait de la circulation des véhicules polluants. Il favoriserait l’utilisation de la géothermie, imposerait la certification LEED pour les nouveaux bâtiments et interdirait les sacs de plastique non réutilisables.

Le huard plus fort que le dollar américain?

19 septembre 2007 – 17h34

LaPresseAffaires.com

Sophie Brouillet

Considérant désormais que la parité des dollars canadien et américain n’est qu’une question de temps, des économistes n’excluent pas de voir le huard surpasser le billet vert. Mais ils ne vont pas jusqu’à prévoir un dépassement important.

«Tous les éléments sont là pour soutenir le dollar canadien», explique Martin Lefebvre, économiste au Mouvement Desjardins, en faisant référence à la santé de l’économie canadienne, aux prix record du pétrole et à la forte demande mondiale pour les matières premières.

Desjardins prédit la parité durable pour la fin de l’année, tout en considérant qu’elle peut survenir sous forme de pointes éphémères à tout moment.

«On n’exclut pas que ça aille même encore un peu plus haut», précise M. Lefebvre.

Même son de cloche à la Financière Banque Nationale, où l’économiste Éric Dubé s’attend à des taux de change volatiles jusqu’à la fin de l’année et à une stabilisation aux alentours de la parité par la suite.

«On ne pas écarter une prime due au prix du pétrole», ajoute M. Dubé. Le dollar canadien pourrait aller encore un peu plus haut.»

Mais certains obstacles empêchent ces experts d’imaginer une progression de plus de quelques sous de la devise qui, mercredi matin, a franchi le cap des 99 cents US. Il a clôturé à 98,50 cents US.

«Vers la fin de 2007, la FED devrait avoir terminé son ajustement monétaire, fait remarquer Martin Lefebvre. Il pourrait y avoir une correction à ce moment-là.» La décision de la FED de baisser radicalement son taux directeur, mardi, a enlevé de l’attrait au dollar américain et l’a donc fait reculer par rapport au huard.

Il souligne aussi que la montée spectaculaire du dollar canadien tient en bonne partie à ses niveaux «déprimés» des dernières années, et que l’élan du prix du pétrole et des matières premières est appelé à s’adoucir.

«Les gains à venir seront beaucoup plus limités», prévoit-il.

En nuisant aux exportations des manufacturiers, la force du dollar pourrait aussi se trouver à se tempérer elle-même, estime Éric Dubé. «Il faudra voir comment le secteur manufacturier va s’ajuster.»

Dans l’ensemble, toutefois, un dollar fort reflète et soutient l’activité économique. «Des secteurs isolés peuvent y perdre, mais grossomodo, la hausse de la devise est synonyme de hausse du niveau de vie, souligne M. Dubé. Le consommateur est gagnant.»

Martin Lefebvre croit même que pour les manufacturiers, le choc des taux de change est déjà chose du passé, ayant eu lieu il y a quelques années, soit lorsque le huard est passé des alentours de 60 cents US au seuil des 80 cents US.

«Maintenant, la machinerie va leur coûter beaucoup moins cher», dit-il, voyant là une occasion pour la modernisation.

Le dollar canadien a surpassé la devise américaine durant la décennie 70, atteignant 1,04 $ US en avril 1974, sous l’effet d’une forte augmentation du prix des produits de base et d’un billet vert faible.

La parité est survenue la dernière fois en novembre 1976.