Archive pouroctobre 29, 2007

Madonna quitte Warner pour un promoteur de concerts

Le Devoir

Édition du mercredi 17 octobre 2007

La chanteuse pop américaine Madonna vient de conclure un contrat historique sur toutes ses activités artistiques.

Photo: Agence Reuters

Los Angeles — Madonna et le promoteur de concerts américain Live Nation ont confirmé hier avoir conclu un partenariat portant sur toutes les activités artistiques de la star, contrat évalué à 120 millions de dollars sur dix ans par la presse américaine.
«Le p.-d.g. de Live Nation, Michael Rapino, confirme que Madonna a conclu un partenariat global sans précédent avec Live Nation et va devenir la première artiste de sa division “Artist Nation”», a indiqué l’entreprise dans un communiqué daté de Los Angeles.

Le 10 octobre, le Wall Street Journal avait révélé la transaction et évalué le contrat entre Madonna et Live Nation à 120 millions de dollars sur dix ans.

Hier, Live Nation n’a communiqué ni le montant ni la durée du nouveau contrat liant l’entreprise à la chanteuse de 49 ans, qui quitte donc la maison de disques Warner Music après plus de 20 ans de collaboration.

Ce partenariat «englobe toute la musique que Madonna produira à l’avenir et toutes les activités économiques liées à sa musique, dont l’exploitation commerciale de la marque Madonna, des albums de studio, des tournées de concerts, des produits dérivés, des clubs d’admirateurs, des DVD, des projets musicaux télévisés et cinématographiques et des accords de partenariat», souligne Live Nation.

«Le modèle de l’industrie musicale a changé et, en tant qu’artiste et femme d’affaires, je dois accompagner ce changement», a affirmé Madonna dans le communiqué de Live Nation. Selon elle, les possibilités ouvertes par ce partenariat avec Live Nation sont «illimitées».

L’entreprise «m’a offert un vrai partenariat et, après 25 ans d’activité, je pense que je le mérite», a ajouté la «material girl», qui devient actionnaire d’Artist Nation dans des proportions qui n’ont pas été précisées.

De son côté, M. Rapino a affirmé que ce contrat signalait un «moment décisif dans l’histoire de la musique».

Cet accord devrait permettre à la star de conforter sa place de chanteuse la mieux payée du monde qu’elle détient depuis 2005.

Depuis la sortie en 1982 de son premier 45-tours, Everybody, Madonna est devenue l’une des plus grandes stars de la musique pop, écoulant plus de 200 millions d’albums sur son nom.

Sa tournée Confessions en 2006 détient le record de recettes pour une chanteuse, et sa fortune personnelle est estimée à 325 millions de dollars par le mensuel Forbes.

Live Nation avait produit les trois tournées mondiales de Madonna, qui ont généré un chiffre d’affaires de près d’un demi-milliard de dollars.

Pas de poids minimum sur les passerelles québécoises

Le Devoir

Isabelle Paré
Édition du mercredi 10 octobre 2007

Québec estime ne pas avoir besoin d'emboîter le pas aux initiatives «anti-anorexie» prises en Europe dans le milieu de la mode.

Photo: Agence France-Presse

Dans la foulée de la Semaine de la mode à Montréal, la question de l’extrême maigreur des mannequins est de nouveau sur la sellette. La ministre de la Condition féminine, Christine Saint-Pierre, juge qu’il n’est pas opportun que son gouvernement intervienne pour empêcher l’industrie de la mode de faire défiler des lolitas maladivement minces.

La ministre, qui assistait hier matin au lancement de la Stratégie pour l’industrie québécoise de la mode et du vêtement, en compagnie de son collègue responsable du développement économique, Raymond Bachand, estime que son gouvernement n’a pas besoin d’emboîter le pas aux initiatives «anti-anorexie» prises à ce jour par d’autres pays, dont l’Italie. «On voit qu’il y a une prise de conscience à ce sujet. Ça soulève bien des inquiétudes car, dans certains cas, ça devient de l’anorexie. Mais de là à légiférer là-dessus, je ne suis pas rendue là», a précisé la ministre, interrogée par Le Devoir dans le cadre de la Semaine de la mode qui se poursuit jusqu’au 12 octobre.

Pourtant, en Europe, le débat sur l’étalage de jeunes filles décharnées sur les passerelles fait rage. Il y a 10 jours, le célèbre photographe italien Oliviero Toscani, qui s’est fait connaître par ses pubs pour Benetton, lançait une publicité-choc contre l’anorexie montrant le corps squelettique et nu d’une jeune comédienne française anorexique, Isabelle Caro. En diffusant l’image de ce corps famélique d’à peine 31 kg, cette campagne coup-de-poing, parrainée par la marque de vêtements No-l-ita, visait à soulever le débat sur l’anorexie en pleine semaine de la mode à Milan.

Alors que l’industrie de la mode est l’une des plus importantes en Italie, à la fin 2006, le gouvernement italien a décidé de prendre le taureau par les cornes et d’adhérer à un «manifeste anti-anorexie», c’est-à-dire une sorte de code de conduite encourageant l’industrie à mettre en avant des modèles de jeunes femmes «à l’allure saine, solaire, généreuse et méditerranéenne». Le gouvernement italien a signé cette convention, qui rallie la Fédération italienne de la mode et les principaux couturiers qui exposent leurs créations aux salons de Rome et de Milan. Le texte interdit les défilés aux filles de moins de 16 ans et oblige les mannequins à présenter un certificat médical attestant qu’elles ne souffrent d’aucun trouble alimentaire.

Autoréglementation

La semaine dernière, les organisateurs de la Semaine de la mode de Montréal ont annoncé à leur tour qu’ils n’autoriseront pas l’embauche de jeunes filles âgées de moins de 16 ans ou semblant présenter des symptômes d’anorexie. «Il y a malheureusement une tendance actuellement», indiquait le 4 octobre à un quotidien de Québec Chantal Durivage, de Sensation Mode, l’organisme qui tient cet événement destiné aux créateurs, designers et journalistes du milieu de la mode. «C’est la pression qui va forcer cette tendance à fléchir», insistait-elle.

Pour le moment, il faudra donc compter sur la bonne volonté des gens du milieu pour renverser cette tendance, fortement ancrée, selon laquelle la beauté réside dans 50 kg de chair répartis sur 1,60 mètre.

Pour l’instant, Sensation Mode a requis les conseils de l’hôpital Douglas qui a développé une expertise particulière sur l’anorexie et les autres troubles alimentaires. Les jeunes filles qui auraient besoin de conseils médicaux ou nutritionnels seront orientées vers des professionnels de l’établissement. Si on cible pour l’heure les jeunes filles de moins de 16 ans, c’est qu’on les juge plus facilement influençables et moins aptes à prendre des décisions éclairées au sujet de leur alimentation. Quant à celles qui sont dans la vingtaine, on semble juger qu’elles n’ont guère besoin d’une telle aide. Pourtant sur les centaines de mannequins embauchés dans les principales agences québécoises, seul un petit nombre a moins de 16 ans.

Hier, la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ) a malgré tout salué ce geste important. «C’est une décision qui démontre que le milieu de la mode peut changer, et nous ne pouvons que nous en réjouir», a indiqué Lina Bonamie, présidente de la FIQ. «Il est important de souligner publiquement les gens qui ont le courage de prendre de telles décisions afin que d’autres en soient inspirés.»

La ministre de la Condition féminine, également responsable des Communications et de la Culture, se réjouit de ce premier pas, mais n’entend pas dompter l’industrie par la voie législative. «C’est sûr que, en France ou en Italie, cette industrie prend une place énorme et que ça fait travailler beaucoup de monde. Ici, c’est beaucoup moins important. Je ne dis pas non [à une loi], mais je pense qu’on peut amener les gens à prendre leurs responsabilités par la conscientisation», persiste la ministre.

Le branle-bas de combat dans l’industrie de la mode a été déclenché l’an dernier par le décès du modèle brésilien de 21 ans, Ana Carolina Reston. Elle pesait 40 kg et mesurait 1 m 72 lors de son décès à l’hôpital de São Paulo.

Peu de temps après, l’industrie de la mode italienne s’est mise au pas, suivie par l’industrie de la mode espagnole, qui s’est imposé un code de conduite comportant des critères sévères en matière de poids. L’an dernier, à l’occasion de la Semaine de la mode de Madrid, cinq jeunes mannequins ont été bannis des passerelles.

Au début 2007, les professionnels de la mode américains ont aussi adopté des règles excluant les jeunes filles anorexiques de leurs défilés.

Most terrifying video you’ll ever see

Cette vidéo a fait réagir plusieurs personnes. C’est un message alarmant, d’autant plus que nous savons qu’il est fondé et véridique. Peut-être que ce film ouvrira les yeux de certains. Enfin, espérons-le!

 

L’environnement ne doit pas être un frein aux grands projets, dit Dumont

Le Devoir

Robert Dutrisac
Édition du lundi 01 octobre 2007

Mario Dumont

Photo: Jacques Nadeau

Victoriaville — Le chef de l’Action démocratique du Québec, Mario Dumont, juge que le respect de l’environnement ne doit pas être un frein à la réalisation de grands projets et préconise le développement tous azimuts du potentiel hydroélectrique du Québec. «Il ne devrait pas y avoir à notre développement hydroélectrique d’autre limite que notre capacité de construire», a déclaré, hier, Mario Dumont dans son discours de clôture du conseil général du parti qui a réunissait quelque 500 militants depuis samedi.Selon le chef adéquiste, le Québec ne peut se permettre d’étouffer son économie sous prétexte de protéger l’environnement. «Le Québec doit réaliser le défi environnemental tout en faisant son rattrapage économique», a-t-il lancé. «Il faut être capable d’amener le Québec [à atteindre] des objectifs environnementaux ambitieux, mais de réaliser comme parti politique le tour de force de faire ça tout en redonnant aux Québécois le goût de réaliser des projets.»En dépit de ce parti pris pour la croissance économique, M. Dumont ne remet pas en cause le processus d’évaluation environnementale auquel doivent se soumettre les grands projets. De même, son entourage a été incapable de préciser, hier, en quoi un gouvernement adéquiste ferait davantage que le gouvernement Charest en matière de développement hydroélectrique. Le premier ministre Jean Charest a déjà annoncé en mai 2006 la relance des investissements d’Hydro-Québec qui consentira 25 milliards d’ici 2015 à la construction de centrales et d’éoliennes.

Les «gaffes politiques» des libéraux et les «dépassements de coûts honteux» qu’ont connus certains projets du gouvernement péquiste ont fait en sorte que les Québécois ont maintenant peur des grands projets, a fait valoir M. Dumont. «On a l’impression d’avoir les pieds dans le ciment. Ça, c’est une rupture avec notre passé: le Québec est un peuple de bâtisseurs.»

Tout au long de la fin de semaine, le chef adéquiste a invité les Québécois à contrer «les forces de l’immobilisme» que personnifient, à ses yeux, Jean Charest et Pauline Marois.

Ce conseil général fut essentiellement consacré à l’adoption d’une plate-forme environnementale qui s’appuie sur le respect des cibles de réduction des gaz à effet de serre (GES) contenues dans le protocole de Kyoto. Samedi, l’ADQ avait invité l’écologiste et porte-parole d’Équiterre, Steven Guilbeault, à faire un exposé sur le réchauffement climatique.

L’ADQ avait également invité l’ancien président-directeur général d’Hydro-Québec, André Caillé, qui est présentement président du Conseil mondial de l’énergie. Dans son exposé, M. Caillé a plaidé pour une hausse des tarifs d’électricité au prix du marché, seul moyen, selon lui, de réduire le gaspillage d’énergie et de rentabiliser les mesures d’efficacité énergétique. Il a toutefois indiqué qu’il faudrait subventionner les plus démunis pour qu’ils puissent faire face à ces augmentations de tarif. M. Caillé a aussi défendu l’idée que le Québec se dote d’une politique énergétique qui dépasse ses frontières pour englober tout l’est de l’Amérique du Nord.

Sur ce dernier point, Mario Dumont s’est dit «complètement» de l’école de pensée de M. Caillé. Si le Québec vend de l’électricité et même du gaz aux États-Unis, cela permet de réduire la pollution en provenance des centrales au charbon de l’Est américain, a-t-il soutenu. C’est une des raisons qu’il invoque pour appuyer le projet Rabaska d’un deuxième port méthanier au Québec.

En revanche, Mario Dumont s’oppose à toute hausse «brutale» ou «radicale» des tarifs d’électricité. «Je suis très prudent», a-t-il dit. «Il y a des ménages qui vivent dans des logements [...] où l’air rentre par des fentes. Il faut penser à ce monde-là.» Selon lui, le Québec doit se lancer dans un grand chantier d’isolation domiciliaire, ce qui est absent du Plan de lutte contre les changements climatiques présenté par M. Charest.

Mario Dumont concilie croissance économique et respect de l’environnement en avançant que l’efficacité énergétique peut très bien devenir un des grands chantiers qui mobilisera les Québécois. «C’est un chantier qui est aussi possible, aussi réalisable, aussi à portée de la main et aussi important que les grands chantiers du développement hydroélectrique.» L’ADQ a d’ailleurs adopté une proposition exigeant d’Hydro-Québec qu’elle double son objectif d’efficacité énergétique pour le porter à 16 TWh d’ici 2015.

En respectant les cibles de Kyoto, le Québec se positionnera comme «un leader sur tout le continent», ce qui correspond bien à la «philosophie» adéquiste d’amener le Québec, sur le plan économique, dans le peloton de tête en Amérique du Nord, a expliqué M. Dumont.

L’ADQ accumule les appuis

Samedi, André Caillé, qui a été pressenti pour devenir candidat par les conservateurs de Stephen Harper mais aussi par l’ADQ, disait poursuivre sa réflexion. Mais il ne s’est pas fait prier pour témoigner de «l’admiration» qu’il éprouvait pour Mario Dumont. Il a aussi fait l’éloge de «l’autonomie des personnes», une notion que défend l’ADQ. Toutes ces années où l’on a parlé d’indépendance nationale, «une proportion de plus en plus grande de notre population est devenue dépendante de l’État à toutes sortes d’égards», estime-t-il. André Caillé, qui a voté OUI au référendum de 1995, croit qu’il ne reverra pas de son vivant un autre débat semblable sur la souveraineté.

L’ancien ministre péquiste Jean Garon était aussi invité de l’ADQ. À l’élection de mars dernier, M. Garon a longtemps hésité avant de refuser de devenir candidat de l’ADQ.

Un nombre encore modeste d’anglophones ont rejoint l’ADQ. Deux des quatre maires de l’ouest de l’île de Montréal qui avaient accordé leur appui à Mario Dumont lors de la dernière élection générale étaient présents, soit Campbell Stuart, maire de Montréal-Ouest, et Bill Tierney, maire de Sainte-Anne-de-Bellevue. Le conservateur Peter White, un ancien conseiller de Brian Mulroney, qui est président de l’Association adéquiste de Brome-Missisquoi, étaient aussi de la partie.

En remplacement de Gilles Taillon, élu député de Chauveau à la dernière élection, les militants adéquistes se sont choisi un nouveau président montréalais, Tom Pentefountas, issu de la communauté grecque. M. Pentefountas estime que l’«hypothèque référendaire» est levée: les anglophones et allophones peuvent désormais cesser d’accorder massivement leurs votes aux libéraux. «L’époque où on a voté du côté libéral par peur que le Québec se sépare est terminée», a-t-il dit. «Cette anomalie qui dure depuis 40 ans, il va falloir mettre fin à ça.»

Mario Dumont s’attend à ce que sa participation au camp du OUI en 1995 aux côtés de Lucien Bouchard revienne sur le tapis lors de la prochaine campagne électorale. «Il y a des épouvantails de toute sorte qui peuvent être soulevés», a-t-il dit. Chose certaine, il n’a pas l’intention de prononcer un grand discours pour rallier les anglophones comme l’a fait M. Bouchard au Théâtre Centaur en mars 1996. Ce n’est pas dans ma personnalité, a dit M. Dumont, qui préfère «le travail de base à long terme [plutôt que le] show-business d’une prestation d’un soir».

Le secteur privé dans le transport en commun

À plusieurs reprises, le chef adéquiste a insisté sur le recours au secteur privé pour exploiter les services de transport en commun, seul moyen, selon lui, de répondre à la demande. Ce fut d’ailleurs l’objet d’une proposition adoptée samedi par les militants.

Parmi les autres résolutions qui font désormais partie de la plate-forme environnementale de l’ADQ, on note la relance du projet de train à haute vitesse (THV) entre Québec et Windsor, l’adoption des normes californiennes d’émissions pour les voitures neuves et la création d’une bourse de carbone à Montréal.

De plus, un gouvernement adéquiste instaurerait un programme d’inspection des véhicules d’occasion visant la réparation ou le retrait de la circulation des véhicules polluants. Il favoriserait l’utilisation de la géothermie, imposerait la certification LEED pour les nouveaux bâtiments et interdirait les sacs de plastique non réutilisables.